VIE DE CAMPUS

15 juin
15/juin/2022

VIE DE CAMPUS

« Le BdE a été comme une grande famille, avec ses hauts et ses bas »

Elle a connu une bonne poignée de promotions d’élèves. Aux premières loges de l’animation de la vie de campus, Martine Ortega Goutarel a été la secrétaire administrative du bureau des étudiants pendant vingt-huit années. Arrivée au début des années 1990, elle a vu grandir le BdE de l’INSA Lyon, autant que chacun des membres qui l’ont composé et qui se sont succédés. 
À la retraite depuis plusieurs mois, si elle observe désormais la profusion de la vie étudiante insalienne d’un peu plus loin, elle laisse à tous les élèves-ingénieurs ayant croisé sa route, un tendre souvenir qui court depuis presque trois décennies.

À l’été 1992, le BdE quitte ses locaux à la résidence H pour s’installer « au D ». Les membres du bureau décident d’engager une nouvelle secrétaire et c’est vous qu’ils choisissent. Vous souvenez-vous de cette époque ?
Absolument. J’avais postulé par le biais d’une annonce de l’ANPE
1 et je n’avais pas vraiment d’idée sur l’endroit où je mettais les pieds. L’INSA, je connaissais de loin. Le premier jour, c’était le 2 novembre, j’étais un peu stressée. Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas travaillé, ayant passé du temps à élever mes trois enfants. C’était une pagaille incroyable dans ce local ! La musique à fond, les étudiants qui braillaient dans tous les sens. Grégory Parmentier, le président de l’époque, m’avait accueillie et prenait le temps de m’expliquer le fonctionnement du BdE : c’était déjà un petit monde très organisé où chaque membre dédiait son temps libre à faire vivre le campus. À l’époque, toutes les associations dépendaient du BdE : leurs bureaux et leurs courriers étaient centralisés. C’était un lieu où l’on se rencontrait et où des projets naissaient d’une banale conversation. Lorsque Grégory avait conclu son explication du premier jour, il m’avait dit « vous allez voir, c’est super sympa ici ». Je me souviens d’avoir regardé le sol et trouvé qu’il méritait un bon coup de balai.

 

 
Source : Le Petit Livre de l’INSA

 

Une employée au sein d’un bureau des élèves d’une école d’ingénieurs est une chose plutôt rare, non ? 
Effectivement, le bureau des élèves de l’INSA Lyon a longtemps, et est certainement toujours, le plus grand BdE de France. Je l’ai vu grandir, notamment avec l’arrivée du conseil de la vie associative, la distribution des subventions, l’organisation du forum des associations en début d’année, le GALA pour les diplômés, la gestion de la COOP, l’épicerie étudiante… De mon côté, je gérais l’accueil des étudiants, les services aux étudiants comme les photocopies, les locations de petits matériels, les courriers des associations. Je faisais tout mon possible pour que les membres du BdE puissent se consacrer à faciliter la vie de leurs camarades et à les rendre heureux. J’ai toujours été très admirative de ce qu’ils étaient capables de faire, si jeunes. 

D’ailleurs, le jeune âge de vos supérieurs n’a-t-il jamais été un problème ? 
C’est une question qui m’a souvent été posée durant ma carrière et honnêtement, avant qu’on ne me le fasse remarquer, je ne m’étais jamais posée de question. Alors, oui, le management était très différent de celui que j’avais connu pendant la première partie de ma carrière professionnelle, mais j’avais en face de moi des jeunes gens responsables avec la tête sur les épaules. D’ailleurs, plus les années passaient, et plus les responsabilités du bureau grandissaient. Ils avaient la responsabilité d’un emploi tout de même ! Toutes et tous avaient un sens du travail aigu ; on ne s’engage pas dans la vie associative par hasard. Il y a une vraie volonté de se mettre au service des autres. Que mes employeurs aient l’âge de mes enfants ne m’a jamais dérangé, même si souvent, les étudiants se moquaient de mon parler et s’amusaient à me demander si j’avais connu le minitel. Avec le recul, je dirais que la différence d’âge était une bonne chose : ça m’a aidée à rester jeune ! 

 

 
Pendant 28 ans, Martine a été le visage accueillant
du bureau des élèves de l’INSA Lyon, « le plus grand BdE de France ».

 

En 1997, la « maison des étudiants » est inaugurée et le BdE déménage à nouveau, trop à l’étroit dans les locaux de la résidence D. Ce projet de « MdE » soulignait déjà l’importance de la vie associative au sein de l’école ? 
Le projet de la maison des étudiants était un sacré chantier, tiré d’un plan social étudiant, je crois. La maison des étudiants est très vite devenue un vrai support de la vie sociale de l’INSA. Ce nouveau bâtiment renfermait toute la magie de la vie associative, cette grande aventure qui fait grandir chacun, par l’expérience. D’ailleurs, je l’ai souvent vu avec les membres de chaque bureau du BdE : entre le moment où ils prennent leurs fonctions au sein de la maison et celui où ils les laissent, ils ne sont plus les mêmes !

Après 28 ans de bons et loyaux services, vous êtes aujourd’hui à la retraite. Comment allez-vous ?
Hormis le fait que je me sois blessée le genou avec mon cadeau de départ à la retraite - un vélo électrique, tout va bien ! Rendre son tablier n’a pas été évident, car c’est un métier qui touche à l’affect. En 28 ans, même s’il y a eu des années où j’en ai eu ras-le-bol, j’ai toujours eu envie de rester. C’est un peu cliché, mais le BdE a été comme une grande famille, au sein de laquelle j’ai vécu beaucoup de choses : des hauts, des bas, mais je me suis toujours sentie chanceuse d’occuper cette place particulière. Malgré mon départ, le BdE et tous les étudiants que j’ai côtoyés restent dans mon cœur. Maintenant, c’est Aurélie qui vous accueille, mais je ne perds pas l’habitude de me rendre aux évènements de la vie associative dès que je le peux !

 

 
Martine Ortega Goutarel dans la Maison des Étudiants (2022)

 

[1] Agence Nationale Pour l’Emploi, aujourd’hui Pôle Emploi.